fbpx

Chronique d’Histoire: La Grenouillère

La Grenouillère est un célèbre établissement de canotage, de bain, de bal et de restauration installé sur l’île de la Grenouillère à Croissy-sur-Seine, et qui fonctionna de 1850 à 1930.

Sous le Second Empire, on assiste à l’éclosion de la mode du canotage. De nombreux Parisiens déferlent sur la Seine, attirés par le charme sauvage de l’île de Croissy-sur-Seine que l’on surnomme à l’époque le « Madagascar de la Seine », tant la végétation y est luxuriante et les mœurs de ses visiteurs « comparables aux indigènes des îles »… En témoignent les noms insolites donnés alors aux différents lieux de l’île : le « cap des torses », l’« anse de l’homme nu », le « mouillage infect », la « berge des souffleurs »… En 1852, un arrêté municipal de Croissy-sur-Seine impose aux baigneurs le port d’un costume de bain, mais il est peu respecté et très plaisanté par la presse parisienne

La Grenouillère, sa petite plage, ses canots en location à la journée et son célèbre bal hebdomadaire vont immédiatement attirer les Parisiens venus en train par la ligne Paris – Saint-Germain-en-Laye. La Grenouillère est surnommée le « Trouville des bords de Seine » et acquiert un telle renommée que l’empereur Napoléon III et l’impératrice Eugénie y font escale en 1869.

En effet, outre le bal et la location de canots, on vient à la Grenouillère pour se baigner, directement dans la Seine. Particularité intéressante, ces bains sont mixtes, ce qui est totalement interdit dans le reste de la région parisienne. Cette particularité amène bien sûr une large fréquentation mais aussi quelques problèmes de mœurs.

Guy de Maupassant, louant une petite maison sur les bords du fleuve, fréquente assidûment les lieux.

En 1869, Auguste Renoir et Claude Monet y installent leurs chevalets. Ils immortalisent ainsi le « camembert », un îlot planté d’un arbre unique, reliant l’île au bateau-ponton par des planches étroites et glissantes… qui provoquent chutes et baignades imprévues ! Bain à la Grenouillère peint par Monet est conservée au Metropolitan Museum of Art à New York tandis que La Grenouillère par Renoir fait partie de la collection du National museum de Stockholm. Les deux tableaux sont reproduits sur le lieu de leurs créations sur le Chemin des Impressionnistes.

La Grenouillère est la proie des flammes en et l’établissement est entièrement détruit. La nouvelle Grenouillère, reconstruite l’année suivante avec des éléments provenant du pavillon paraguayen5 de l’Exposition universelle de 1889, ne connaît pas le même succès. Les temps ont changé. La mode nouvelle du cyclisme a détrôné celle du canotage et, surtout, le déversement de l’ensemble des égouts de Paris en amont de la Seine a découragé les baigneurs et les canotiers.

À la fin des années 1920, la Grenouillère disparaît définitivement lors des travaux d’élargissement de la Seine.

Menu