Chronique d’Histoire: Le Ventre de Paris.

L’histoire des Halles Centrales de Paris

Le Ventre de Paris ou les halles centrales de Paris est le plus vieux marché de gros de la capitale. Il remonte au XIIe siècle et à l’année 1137. Ainsi à cette époque Louis VI met en place un premier marché à cet emplacement, sur d’anciens marécages.

Ainsi ce marché, alors installé au coeur du Paris populaire, va très rapidement prendre de l’ampleur. Philippe Auguste y ajoutera les premières halles, en bois, quelques années plus tard (1183).

Le marché des Halles continuera de s’étendre au fil des siècles. Il va devenir le plus important marché de gros de Paris. Alors, c’est dans ce contexte qu’on décide, aux premières heures du Second Empire, de construire d’immenses halles en fer, qui seront plus modernes et plus pratiques. Ce sont nos fameux pavillons Baltard, du nom de leur architecte, Victor Baltard.

Une construction ultra-moderne pour l’époque

Cet immense projet consiste à édifier douze pavillons avec les matériaux les plus modernes de l’époque : le verre et la fonte.

Ces pavillons, parfaitement organisés, doivent former deux blocs homogènes répartis autour d’une rue centrale. Ainsi, l’ensemble est entouré, au nord par l’église Saint-Eustache, à l’ouest par l’ancienne Halle au blé.

Cette dernière, construite en 1763 est maintes fois réhabilitée. Elle est l’un des rares vestiges de l’ancien marché que l’on peut encore découvrir aujourd’hui.  Il s’agit de l’ancienne Bourse du Commerce qui s’apprête à accueillir en 2020 la fondation Pinault !

Les Halles de Baltard, personnage principal du Ventre de Paris d’Émile Zola

C’est au sein de cet ensemble ultra-moderne que s’épanouira l’atmosphère si caractéristique du Ventre de Paris décrit par Émile Zola dans son roman éponyme de 1873.

Une atmosphère, certes authentique et pleine de vie, mais rarement très réjouissante. Zola décrit le Ventre de Paris comme un monstre qui engloutit les pauvres et nourrit les puissants. Parce que c’est une machine moderne où l’argent et la nourriture prennent l’ascendant sur l’humanité et la compassion.

Les Halles de Baltard, un petit siècle et puis s’en va

Alors, si emblématiques du Vieux Paris qu’ils puissent être, les pavillons Baltard n’auront finalement tenus qu’une petite centaine d’années. Alors en, 1969 arrivent les problèmes de circulation dans la capitale et les nouvelles mesures d’hygiène imposées aux marchands de gros. Elles auront raison de ces pavillons en fonte et du quotidien bien huilé de ceux qui y travaillent.

Donc entre le 27 février et le 1er mars 1969, les 20 000 employés travaillant chaque jour sous les pavillons quitteront le centre de Paris.  Ils rejoindront définitivement le Marché international de Rungis, à 13 kilomètres de là. Les Halles Centrales de Paris seront progressivement détruit entre 1971 et 1972.

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